LES DOSSIERS DE L’OM
UN SOUPCON DE CORRUPTION
…
Parc des
Princes, 28 mai 1999, 21h47. Le jeune bordelais Pascal Feindouno, fraîchement
entré en jeu, profite des largesses répétées de la défense parisienne pour
venir inscrire le but de la victoire. Celui qui offre le titre aux Bordelais.
Celui qui fait pleurer les Marseillais. Au coup de sifflet final, les
manifestations de joie se multiplient sur la pelouse parisienne ( on notera au
passage l’arrogance et le manque de respect de la part de Wil tord à l’égard
des marseillais), le public parisien chavire de bonheur ( car l’OM n’est pas
champion ), les journalistes soulignent la victoire du beau jeu, bref tout le
monde semble satisfait de la consécration bordelaise.
Le duel acharné
entre les Bordelais et l’OM venait de prendre fin au terme d’une dernière
journée palpitante, et plus personne n’aurait contesté le titre bordelais sans
de nombreux évènements troublants et singuliers qui ont marqué cette saison.
Le rôle des toulousains.
Tout d’abord,
le premier événement marquant commence avec la venue de l’OM à Toulouse, le 14
février 2000. Battre Toulouse ne semble pas insurmontable, d’autant plus que
les violets ne produisent pas un jeu fantastique et sont à la peine en championnat.
Or, depuis quelques mois, les Toulousains ont un nouvel entraîneur, un certain
Alain Giresse, ancien joueur marseillais … et surtout bordelais, qui a gardé de
nombreuses relations et amitiés en Gironde. Quelques jours avant le match,
Giresse annonce que son équipe va faire tout son possible pour battre l’OM. Le
terrain lui donne raison. Les Toulousains vont faire un match remarquable, se
battant comme des diables pendant 90 minutes et arrachent une victoire étriquée
grâce à un penalty transformé par Oceano à la 75ème minute. La
victoire toulousaine est amplement
méritée. L’OM enregistre une défaite qui fait d’autant plus mal que des
incidents éclatent dans les tribunes du Stadium, provoquant un véritable tollé,
notamment de la part de journalistes parisiens et surtout bordelais qui
dénoncent une certaine forme de hooliganisme à l’OM. Cette affaire sera au
passage à l’origine de la suspension du Vélodrome et sèmera le doute parmi les
joueurs. Mais la vérité est tout autre. D’après de nombreux témoignages
concordants, ce sont les stadiers du Stadium qui auraient volontairement
provoqué les supporters marseillais. Mais à l’époque, personne ne voyait
l’intérêt des stadiers de provoquer le public marseillais. Et pourtant …
Presque 2 mois plus tard, le 3 avril, retour au
Stadium. Le Téfécé affronte les Girondins de Bordeaux. Ces derniers vont
s’imposer 4 à 0 dans un non-match total, où la prestation de la plupart des
joueurs toulousains, inexistants, est
ridicule. Bordeaux récolte au passage 3 points et prend une option assez
sérieuse sur le titre. Là encore, difficile de mettre en cause les joueurs. On
parle de jour sans, de fatigue, de la supériorité bordelaise, etc. Bref, il
n’aurait pas matière à commentaires. Toutefois, le marché des transferts va permettre
de rendre la situation … plus floue, et de donner libre cours à de nombreuses
supputations. En effet, Richert et Battles, 2 joueurs de niveau très moyen,
signent pour près de 30 millions de Francs ( ! ! ! ) aux
Girondins de Bordeaux à l’intersaison, et ces derniers accordent en plus au
Téfécé le prêt de jeunes joueurs prometteurs ( N’Diaye et Da Rocha ). Simple
coïncidence ? Peut-être pas …
Un dénouement rocambolesque.
Tout le monde
l’a vu. Même les journalistes parisiens. La plupart des joueurs parisiens, bien
aidés dans cette tâche par leur soi disant supporters, ont véritablement levé
le pied. Peu d’entre eux étaient motivés, et certains ont même réalisé une
parodie de match. Le dernier but de Bordeaux illustre à merveille le malaise.
Feindouno part seul vers le but, la défense ne bouge même pas, et il n’a plus
qu’à tromper un Lama pas très bon sur le coup. Dans les couloirs du Parc, une
rumeur folle se propage déjà : Bordeaux aurait corrompu le PSG.
L’information semble tellement énorme que personne n’y croit véritablement. Et
pourtant …
Quelques mois
plus tard, l’affaire Capital va venir ébranler une fois de plus ce dossier
épineux, avec des révélations qui tendent à prouver que cette corruption semble
bien avoir eu lieu. Le magazine reçoit de multiples menaces, les disques durs
du site football365, contenant des révélations sur cette affaire, sont dérobés,
un journal anglais, spécialiste dans les affaires douteuses, montre comment
Bordeaux a corrompu le PSG, etc. Bref de nombreux évènements troublants qui
peuvent laisser penser que l’obtention du titre bordelais est entachée par la
triche et la corruption.
Mais les
preuves sont bien minces aujourd’hui et personne ne peut prouver s’il y a eu
corruption. N’accusons pas Bordeaux d’avoir corrompu Paris ou Toulouse, car en
absence de preuve, c’est la présomption d’innocence qui fait foi. Je regrette
simplement que les dirigeants bordelais aient été incapables de démentir ces
accusations et d’apporter de bonnes explications quant à l’affaire de Toulouse
ou celle du Parc. Je ne veux pas remettre en cause un titre qu’ils ont arraché,
j’en suis convaincu, à la régulière, livrant au passage un duel formidable à
l’OM, et qui a tenu en haleine tous les amoureux du ballon rond pendant cette
saison. Le seul problème, c’est que si Bordeaux méritait certainement de gagner
ce titre, Marseille, lui, ne méritait pas de le perdre. Espérons que l’OM
l’aura perdu sur un coup du sort plutôt que sur un coup de fric …